Faire mal | Chronique de Christine Martel

le 28 août 2025

Jeudi 18 septembre 2025, 17h - Boîte à Bleuets

Des milliards d’individus à travers le monde ont chaque jour les yeux rivés sur leur téléphone portable, et les informations qu’ils consomment ont radicalement évolué. Canaux de transmission majeurs de la haine, de la désinformation et de la propagande, les réseaux sociaux menacent notre tranquillité et notre objectivité.

Si les contre-vérités se répandent plus rapidement que les contenus comparables formulant des informations avérées, il paraît désormais difficile de distinguer le vrai du faux.

Créée à Londres en 2021, Faire mal est une comédie noire captivante, tordue et tranchante, à propos des effets parfois corrosifs des nouvelles technologies. Alors qu’une agente d’immeubles malheureuse vend une maison à Alice, une influenceuse charismatique qui semble vivre au « pays des merveilles », une amitié improbable prend progressivement forme entre les deux jeunes femmes. Peu à peu, l’obsession de la vendeuse pour l’univers apparemment idéal de l’acheteuse s’intensifie sous nos yeux, et la ligne entre réalité et virtuel devient dangereusement trouble. Un mélange d’admiration et de jalousie pousse l’agente à tisser la toile d’une relation toxique.

Le double sens du titre de la pièce nous apparaît alors dans toute son évidence : il est ici question de causer de la souffrance, peut-être, mais aussi d’avoir mal. Sujet éculé s’il en est un, les risques et les problèmes que posent les réseaux sociaux sont déjà largement documentés et débattus.

Le théâtre, toujours à la recherche de nouvelles formes pour rejoindre un large public, est sans doute un des arts de la représentation les plus appropriés pour renouveler le débat. Avec entre autres comme objectifs de remettre en question, éduquer et divertir, cet art vivant oblige parfois le spectateur à poursuivre une réflexion profonde sur la société et sur ses propres comportements.

Avec son examen caustique de la dynamique nocive entre popularité et rejet présente sur les médias en ligne, la pièce de la Britannique Phoebe Eclair-Powell ne pourrait être plus de son temps. Cette charge contre leur impact néfaste n’est certes pas inédite, mais l’autrice traite le sujet avec un humour mordant et un récit bien maîtrisé qui aborde au passage certains enjeux féminins.

De quoi nous faire sérieusement réfléchir sur les défis qu’engendrent notre dépendance numérique, par exemple l’isolement généré par notre merveilleuse ère des communications, et cultiver un regard critique sur les contenus en ligne que nous consommons.

 

Christine Martel, membre du Comi'Théâtre

 

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Après des études en art et en littérature, Christine Martel s’est promenée jusqu’à aujourd’hui entre le monde des lettres et celui des arts visuels, entre autres à travers l’enseignement du français et l’écriture. Son implication sur des conseils d’administration de centres d’artistes et sa participation à l’édition de plusieurs ouvrages d’artistes actuels lui ont permis de côtoyer la réflexion de nombreux créateurs et d’y ajouter sa vision personnelle. Les mots sont pour elle un matériau à façonner des images. Elle est membre de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES).


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